4ème symposium suisse sur l’asile 2011
Lors du 4ème symposium suisse sur l’asile tenu à Berne les 19 et 20 janvier 2011, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, et la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga ont tous deux affirmé la nécessité de la réinstallation des réfugiés, d’une procédure d’asile rapide et équitable, ainsi que d’une meilleure protection pour les personnes fuyant les conflits violents et les déplacés environnementaux.
- Actes du symposium: Réfugié – une notion en mutation
- Communiqué de presse du 20 janvier 2011 (pdf)
- Discours du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres (pdf)
- Discours de Mme la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga (en allemand, pdf)
- Programme
- Dépliant (pdf)
- Symposiums précédents
A l’occasion du 60ème anniversaire de la Convention de 1951 relative au
statut des réfugiés et des 75 ans de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés
OSAR, le bureau pour la Suisse et le Liechtenstein de l’UNHCR et l’OSAR ont
invité près de 200 experts du domaine de l’asile à discuter de la notion de
réfugié et de la question des personnes ayant besoin de la protection de la
Suisse. Une attention particulière a été accordée aux thèmes de la fuite et de
l’expulsion dues au changement climatique, ainsi qu’à la réinstallation des
réfugiés et à la nécessité de modifications législatives en Suisse.
«Défendre les acquis»
De l’avis du Professeur Walter Kälin, la définition de réfugié s’est toujours
avérée suffisamment souple pour demeurer pertinente, et ce malgré les conditions
changeantes. Son application universelle est acceptée par près de 150 Etats
parties à la Convention de 1951. Celle-ci a aidé de nombreuses personnes
persécutées à trouver la sécurité au cours des 60 dernières années. «Il s’agit
de maintenir et de défendre cet acquis.» Monsieur Kälin voit également une
nécessité d’agir pour améliorer encore le régime de protection des victimes de
conflits violents ainsi que celui des personnes qui ont dû fuir dans un autre
pays en raison des conséquences négatives du changement climatique et de
catastrophes naturelles.
«Le changement climatique a lieu!», assure sans ambiguïté la Professeure Olivia Romppainen-Martius, du Oeschger Centre for Climate Change de l’Université de Berne. Les experts s’accordent à affirmer que le changement climatique affecte la fuite et les flux migratoires au niveau mondial. Compte tenu de cette réalité, les Etats sont appelés à trouver des solutions aux défis qui en découlent. Les ap-proches ont été diverses. Le Professeur Jean-Pierre Marguénaud de l’Université de Limoges, France, a suggéré un régime de protection internationale distinct pour les réfugiés climatiques. L’Ambassadeur Claude Wild, Chef de la Division politique IV du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), a souligné quant à lui la nécessité d’une mise en réseau plus forte de tous les acteurs concernés et de la reconnaissance à travers le public et les politiciens des potentiels migratoires qui accompagnent le changement climatique: «La Suisse contribuera au renforcement du débat sur le changement climatique et les migrations.»
«Renouveler et renforcer les engagements»
Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés met lui aussi tout en
œuvre pour créer les bases d’une discussion entre les Etats et les autres
parties concernées. «Il faut que les pays réaffirment et renouvellent leur
engagement aux principes fondamentaux de la protection des réfugiés et aux
obligations qu’ils ont acceptées en tant que signataires des instruments clés»,
a déclaré António Guterres. La société civile est en la matière un partenaire
important. Il est en particulier essentiel d’appliquer le droit des réfugiés
actuellement en vigueur tout en respectant pleinement la perspective
humanitaire. Il s’agirait aussi de ne pas en soi exclure de l’asile les
objecteurs de conscience et les déserteurs.
Compte tenu des tendances mondiales aux mouvements massifs de fuites et de migrations, il s’agira de trouver à l’avenir des moyens de garantir une protection à chaque personne qui en a besoin mais qui ne tombe pas dans la définition actuelle de la notion de réfugié. En ce qui concerne la Suisse, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés appelle de ses souhaits à la reprise de la politique des contingents mise en place (la réinstallation des réfugiés), et à un engagement pour un système d’asile qui respecte le droit international des réfugiés et la tradition humanitaire du pays.
La Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a rappelé la forte et longue
tradition humanitaire de la Suisse. Elle souhaite renforcer celle-ci aujourd’hui
et pour le futur. Elle a plaidé en faveur d’une procédure d’asile rapide et
équitable, qui protège ceux qui en ont particulièrement besoin. En outre, la
Suisse a besoin d’une politique extérieure active en matière d’asile. La cheffe
du Département fédéral de justice et police cite spécifiquement les partenariats
migratoires, la protection sur place et la réinstallation de réfugiés en
Suisse.
L’exposition «Klimafluch – Klimaflucht» était visible dans le cadre du Symposium sur l’asile.














